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Le carnet de Greddar

Lune ... (page 3)

Cher journal, je dois d'abord te dire que j'ai observé un cas flagrant d'hydrocéphalie : Lune ... Mais avant de m'épancher sur ce cas, je m'en vais te raconter ma journée, ma super journée.

Nous sommes donc rentrés de chez Elvira. Je suis allé chez mon père lui demander un moyen de reléguer la peur au second plan. Pas que j'ai peur, mais un peu quand même. Il m'a donné de nombreuses recettes de préparations permettant d'inhiber la peur. Il m'a dit, pour les avoir utilisée, qu'elles étaient assez efficaces, mais qu'elles pouvaient aussi engendrer une dépendance. Voilà pour la fin de mon après midi.

Le soir, je suis rentré chez Laurawyn (l'aventurier qui a engagé les croûtes que j'ai comme compagnons d'aventure). J'ai retrouvé le groupe, Lune n'était pas là, bon débarras. (Enfin ... j'ai aussi ramené Zoïd, un hobgobelin, un ami, un peu impulsif, mais sympa. Je l'ai croisé sur le chemin du retour. Je lui ai proposé de venir dans le groupe, il a dit « oui », fin de parenthèse). Nous (le groupe, sauf le barde qui avait décidé de rester chez Laurawyn) sommes donc partis à la recherche de ***** Monsieur X, assassin, responsable du sud est des Bas Quartiers. Le groupe a proposé, dans son infinie sagesse et pour des raisons de discrétion, de hurler que l'on cherchait la guilde des assassins. Le rôdeur a eu l'idée de demander à un aubergiste comment rencontrer un assassin. Coup de chance, ou éclair de génie (son esprit c'est que très rarement éclairé). L'aubergiste lui a expliqué que la guilde des assassins avait des accords avec taverniers. Ces derniers servent de relais aux propositions de contrats. Sentence s'est donc jetée sur cette information et a demandé à tous les taverniers et aubergistes s'ils savaient qui pourraient accepter d'assassiner quelqu'un (tentative lamentable de subterfuge pour se faire passer pour une potentielle cliente).

En parlant d'elle, elle nous a ramené un prêtre nain, il est assez vieux et n'a pas l'air très stable ... un peu comme elle.

Rapidement, nous sommes arrivés dans une auberge possédée par un nain. Nous lui avons demandé où était ***** Monsieur X. Il nous a répondu qu'il était dans les égouts, dans une cache qu'il avait aménagé, ou quelque chose du même genre. Je n'ai pas vraiment fait attention. Il faut dire que pendant ce temps, Zoïd a trouvé un demi-orc et lui a pris la tête. Chose stupide, j'en conviens, on ne provoque pas quelqu'un qui a de fois plus de masse musculaire que soi. Mais il a fait mieux, le demi-orc était accompagné. Je te passe les détails de leur conversation, pour directement passer à la fin. Il s'est fait tabasser contre un mur, il a vomi deux dents et pris un coup d'épée dans l'abdomen. Rien que du nécessaire ... Je commençais à regretter de l'avoir amené. Le prêtre, l'ami de Sentence, l'a soigné ... Enfin ... après que j'ai fait le plus gros du travail en stoppant l'hémorragie. Précision technique : le nain n'a même pas retiré le sang des poumons de Zoïd ... amateur.

Le groupe a donc décidé de descendre dans les égouts. Zoïd, ne se sentant pas bien, est resté à la surface. J'avale discrètement une des potions censée lutter contre la peur. Nous voici donc dans les égouts. De la berge, nous pouvions distinguer le flot continu d'immondices que charriait le canal. Il y avait deux ponts, l'un sur notre gauche, l'autre à peine visible dans la pénombre, sur notre droite. Sur le pont de gauche, nous pouvions distinguer un corps, visiblement une elfe. Je m'approche avec le nain et je reconnais Lune. Hhhmmm ... Lune est morte ... cela ne m'extirpe aucun sentiment. Les drogues de mon père sont efficaces.

Je me retrouve donc devant le cadavre de Lune (visiblement morte depuis peu) quand la bouche d'égout par laquelle nous sommes rentrés est refermée par quelqu'un depuis la rue. D'après Zoïd, il s'agissait de trois hommes de main de ***** Monsieur X. La seule lumière qui nous reste est celle d'une torche allumée par un membre du groupe. Quelques secondes plus tard, le temps que nos s'habituent à l'obscurité, nous distinguons de nombreuses ombres qui arrivent de toutes parts. Le groupe se retrouve rapidement encerclé par une douzaine d'hommes en armes menées par ***** Monsieur X.

***** Monsieur X se propose de nous tuer. Juste comme ça ... Je n'ai toujours pas peur. Je lui réponds que je ne connais rien des secrets qu'il souhaite tenir caché. Le nain et moi faisons remarquer que nos morts sont inutiles, par contre, nous insistons sur le fait que celles du rôdeur et de la grognasse (comprendre Sentence) sont clairement nécessaires. L'assassin considère nos propos et nous propose de partir. Nous nous mettons en marche en laissant le reste du groupe derrière. En partant nous l'entendons expliquer aux deux autres, comment il a pu monter ce piège.

Je vais donc te livrer cette explication : Lune voulait devenir une assassine. La guilde des assassins demande une cotisation qu'elle a pu payer grâce aux objets volés chez Elvira. Une fois l'argent en poche, elle s'est empressée de trouver la guilde et de payer la cotisation (cet après midi). ***** Monsieur X, en tant que responsable a encaissé indirectement l'argent et s'est ainsi rendu compte qu'elle n'était pas morte. En gros, elle a hurlé à la face du monde que nous étions en vie. ***** Monsieur X n'a plus eu qu'à nous tendre un piège.

Voilà, j'ai essayé d'embarquer le cadavre de Lune pour le disséquer et voir ma première hydrocéphalie, mais je n'ai pas pu remonter à la surface. Enfin ... j'étais dehors, en vie. Ca me suffisait ... j'ai quand même repris un peu de décoction.

Dix minutes plus tard, nous avons retrouvé Zoïd. N'ayant, tous les trois, rien à faire de l'affaire dans laquelle nous avions été embarqués de force, nous décidâmes de rentrer chez Laurawyn. Ah ... Si seulement ***** Monsieur X avait tué le rôdeur et la rousse, tout aurait été fini. Mais non, ils ont survécu, à en juger par leur odeur, ils ont fuit par le canal des égouts, miam miam ... Ils ont donc échappé à ***** Monsieur X et nous ont retrouvé en chemin. Très rapidement, nos compagnons à l'odeur exquise décidèrent que nous devions absolument repartir vers la taverne où nous avions eu des informations sur la cache de ***** Monsieur X.

Nous voilà de retour dans la taverne. Le nain était seul. Les deux puants commencent par l'interroger de façon agressive. Il sort une arbalète et se prépare à embrocher l'un d'entre nous. Il nous explique aussi qu'il ne savait pas qu'il s'agissait d'un piège et qu'il s'est contenté de répéter ce que ***** Monsieur X lui avait dit. Le prêtre, saloperie de nain, décida d'utiliser la magie pour faire exploser l'arbalète du tavernier. Une fois désarmé, il est rapidement maîtrisé. Enfin ... même menacé avec une arme, il reste sur ses positions : il a juste dit ce qu'on lui avait dit de dire. Je pense qu'il disait la vérité.

Ce détail était sûrement beaucoup trop difficile à comprendre pour le prêtre qui commença à menacer le tavernier avec sa hache. L'elfe calma rapidement le nain (pas si bête pour un animal des bois). Sentence demanda au tavernier s'il connaissait d'autres assassin et si, par hasard, un d'eux n'en voudrait pas à la vie de ***** Monsieur X. Ô miracle, il connaissait effectivement un assassin susceptible d'en vouloir à la vie de ***** Monsieur X et par-dessus le marché, cette personne devait venir dans sa taverne le soir même. Jusque là, plutôt des bonnes nouvelles, je te rassure ça s'arrête là.

C'est à ce moment que, dans son infinis subtilité, le prêtre sorti sa hache et trancha la tête du tavernier (pourtant nain lui aussi) ... Très utile ... Quel connard. Le groupe commença à cacher le corps dans l'arrière boutique, sans vraiment chercher à comprendre pour il avait fait cela. Pendant ce temps, personne ne surveillait l'entrée ... Très mail ... Enfin ... vu le groupe. Un ami du tavernier est alors rentré, nous a vus avec le cadavre dans l'arrière boutique. A ce moment, tout le monde se jette sur le nouveau venu. Cette fois, ils ne le tuent pas ... Enfin, Sentence lui propose de remplacer feu son ami, histoire que notre présence semble moins suspecte. N'ayant pas vraiment le choix, il accepte.

Quelques minutes plus tard, de clients arrivent. Le nouveau tavernier saute par-dessus le comptoir, hurle que nous sommes des meurtriers, fait fuir les clients juste entrés et sort dans la rue. Dans notre intelligence manifeste, nous restons à l'intérieur de la taverne. Laissant ainsi le temps aux habitants de récupérer des armes, des torches, ... Enfin, ils débarquent à plus de cent devant la taverne. Ils concertent et chargent sans attendre la garde. Sentence barricade la porte et l'une des fenêtres. Les citadins qui rentrent par l'autre fenêtre, sont rapidement tués par Zoïd et le rôdeur (ils en massacreront quatre au total).

Devant l'échec de leur assaut, les assaillants envoient leurs torches dans la taverne, qui prend étonnamment vite feu. Normalement, je devrais avoir peur, mais je suis même un peu dans le vague, j'adore la médecine végétale. En quelques minutes maximum, nous nous retrouvons dos au mur, les flammes chatouillant nos pieds. Le prêtre essaye alors de faire exploser un mur, mais il échoue lamentablement ... à croire que tuer le tavernier l'avait fatigué. Après cet échec, Sentence propose de fuir par les toits. Il incline une étagère de la réserve et monte sur le toit après avoir défoncé la chaume qui le constituait. Elle grimpe sur le toit, profite un peu des flammes et se retrouve nez à nez avec les murs des habitations adjacentes. Le rôdeur sort alors son grappin et l'accroche à une fenêtre de la bâtisse de droite et commence à escalader la façade. Nous arrivons rapidement au second étage d'une maison joliment décorée. Aux bruits que fait la foule, nous comprenons rapidement qu'elle nous a vus fuir. Nous descendons dans la rue par la maison et commençons à courir. Par miracle, nous arrivons chez Laurawyn avec tous nos membres.

Suite à cet « incident » (terme employé par le nain), Sentence nous quitte et le barde nous stipule ne pas avoir envie de travailler avec nous (ce que je comprends). Le soir, nous retournons aux abords de la taverne ... enfin ... des cendres. On patiente deux heures. Juste avant que le soleil ne se couche, un homme apparaît. Il correspond à la description de feu le tavernier. On l'aborde, il se méfit, mais dès qu'on lui dit qu'on en a après la vie de ***** Monsieur X, il nous dit tout ce qu'il semble savoir : ***** Monsieur X aurait une femme, elfe, elle aussi. Elle serait enceinte et vivrait dans le nord des Bas Quartiers. Après une brève concertation, le groupe décide de rentrer dormir chez Laurawyn. Ah ... Laurawyn, un brave type. Il nous attendait, avec Sentence et deux amis à lui. Le rôdeur (n comprenant pas qu'il vient de se faire foutre dehors) demande ce qu'il se passe. Laurawyn lui répond de dégager et d'aller tuer des innocents ailleurs. Vu son air menaçant, le rôdeur, malgré sa simplicité naturelle, compris que cela n'était pas négociable. Nous avons donc passé la nuit dehors ...

Le lendemain, au petit matin, on a commencé à fouiller les Bas Quartiers. Nous avons fait le tour des médecins pour voir si, par hasard, ils ne sauraient pas où habitent les femmes elfe enceinte. Le rôdeur et moi-même (comprendre : « j'ai ») réussîmes à embobiner un confère. Il nous a livré l'adresse d'une demoiselle. Le rôdeur s'est fait passer pour un ami du mari et attend ce dernier avec la future mère. Mais non, ce n'était pas ***** Monsieur X. Après une journée à jouer le même cirque à toutes les elfes enceinte, nous entr'apercevons ***** Monsieur X en train d'acheter des légumes. On essaye de lui courir après, mais il nous perd dans la foule.

Nous revenons alors à échoppe où il achetait ses légumes. On demande à l'humain qui la dirige s'il connait ***** Monsieur X, il répond que oui. Premier réflexe du rôdeur, menacer le vendeur. Normal. Petit problème cependant, le vendeur avait un barbare comme esclave. D'ailleurs il l'a appelé à l'aide et il est venu. Il faisait au moins un mètre quatre vingt de haut et sûrement autant de large. La première chose qu'il a faite, est embrocher Zoïd qui menaçait lui aussi le vendeur. Une très belle incision dans l'abdomen, suivi d'une autre au niveau du foie. Le rôdeur décocha une flèche dans la hanche du barbare qui ne semble même pas la sentir, en tout cas, cela ne l'empêcha pas de mettre un violent coup de poing à notre archer (qui fuit alors dans la réserve). Il fini par sauter du premier étage. Enfin ... le barbare, estimant qu'il n'avait plus d'ennemi, s'approche de Zoïd, il le prit dans ses bras, lui ouvrit la mâchoire et lui cassa les dents une à une. Pour finir, le nain qui n'avait pas eu de courage d'agir jusque là, entra en scène. Avec sa hache, il fendit le barbare dans le sens de la hauteur. Précision : il l'a pris par surprise, par derrière en étant sûr que le barbare ne pourrait pas réagir. Enfin ... un haut fait d'arme. Une fois que le sang eut bien coulé, je suis entré à mon tour dans l'échoppe. J'ai modestement sauvé, une seconde fois, la vie de Zoïd. J'ai fait une intervention à intestins ouverts. Rien d'exceptionnel pour moi. Une fois le gros de l'hémorragie stoppé, nous l'avons emmené chez mon père.

J'ai proposé au reste du groupe de fuir avant que la garde n'arrive. Tout le monde s'est rallié à mon point de vue. Nous avons décidé, dans notre fuite, d'adopter une stratégie plus directe. Nous avons pris la direction du Sud des Bas Quartiers. Nous voulions trouver ***** Monsieur X en hurlant son nom dans les tavernes et autres auberges. En chemin, nous avons croisé Sentence, elle nous a dit d'aller nous faire foutre et qu'elle était hors de danger. Elle se serait arrangée avec ***** Monsieur X. Nous avons fini par débouler dans une taverne et, par miracle, nous avons trouvé ***** Monsieur X, assis avec des collègues. Le rôdeur s'est mis à hurler : « Je ne veux pas mourir, je ne sais rien, ne me tuez pas, pitié ». ***** Monsieur X, d'un air détendu, lui a demandé pourquoi. Le rôdeur a débité à une vitesse incroyable une série de raisons stupides. Dans son infinie sagesse, il nous a balancé un petit : « Le groupe travaillera gratuitement pour toi ».Bizarrement, ***** Monsieur X a accepté de nous utiliser comme main d'oeuvre, tout en menaçant de nous tuer si nous n'étions pas assez efficaces. Voilà, je n'avais rien à voir avec leurs conneries et je me retrouve menacé de mort.

Dans son infinie bonté, ***** Monsieur X, qui ne veut pas que j'écrive son nom dans mon journal, nous a proposé de tuer l'assassin qui nous a renseigné. Il nous a expliqué qu'il se cache dans un beffroi sous la protection des gardes. Sans plus information, il nous envoie à sa recherche.

Il fait nuit quand on approche du beffroi. Je décide de rester dehors et de ne rien faire. Enfin ... si, je m'envoie un peu de fortifiant. J'étais un peu mort quand ils se sont approchés du beffroi. Le nain et le rôdeur sont rentrés dans le beffroi. Zoïd s'est fait refouler. Je mange, je vomis, je perds connaissance.

Le matin, un chien me réveille, connard de chien. Je comate une demi-heure et je vois Zoïd en train de suivre l'humain que l'on doit tuer. Je décide de le suivre. Je le perds dans la foule. Je le retrouve trois minutes plus tard, avec à ses pieds un cadavre, sans tête, et plein de sang. Un travail sale ... il se met à fuir dès que les gardes le repèrent. Il finira par se faire attraper. Je m'en moque.

Le connard d'elfe qui s'est fait défoncer les omoplates, vient me demander de le soigner, genre on est amis. Je le soigne sûrement parce que je suis trop défoncé. Bon ... il faut que je retourne chez ***** Monsieur X.