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Les lettres d'Aldéia

La mer. (page 8)

Chère petite famille,

Je vous écris donc depuis notre bateau qui vogue vers les Skarzamar. En effet, quand je vous ai laissés, c’était pour partir le soir même. Il y avait deux raisons à cela. Tout d’abord, un évident besoin de nous mettre au vert. Ensuite, notre commanditaire commençait à s’inquiéter de ne pas avoir de nouvelles de son autre groupe et nous a demandé d’aller à sa rencontre.

Le bateau est assez petit et nous ne sommes pas trop de quatre pour le manœuvrer. Mais Ekna connaît bien son affaire et assume avec brio son rôle de capitaine. Ca a aussi été l’occasion d’en apprendre un peu plus sur son passé à deux reprises. Tout d’abord, lors qu’une conversation sur son histoire navale durant laquelle il était assez mal à l’aise. Il nous a expliqué avec fait partie de la marine marchande. Ca a peut-être pu être le cas, mais il est assez évident qu’il n’a développé ses talents de chirurgien de guerre en chargeant des céréales. Ce passé compliqué, voire à la frontière de la légalité, nous a été confirmé par une rencontre.

Nous passions un cap, après sept jours de mer, lorsqu’un vaisseau voguant à toute allure s’est approché de nous. Nous avons tiré au canon pour l’impressionner, car il ne répondait pas à nos signaux. Il est arrivé à notre hauteur, l’équipage était visiblement armé et agressif. J’ai donc fait feu avec un de nos canons. Ca a permis d’amorcer la discussion entre leur capitaine et Ekna, qui se connaissaient. Pour ce que j’ai compris des échanges, ils voulaient nous extorquer des fonds. La discussion durait en longueur quand, soudain, des tentacules sont sortis de l’eau et ont commencé à essayer de nous entraîner par le fond. Ekna s’est retrouvé au sol. En se relevant, il donna l’ordre de fuir. Minzu et Mehr’Elin se sont chargés des voiles et des cordes pendant que je manœuvrais les canons. Le combat avec ces créatures marines fut chaotique. Je ne suis pas arrivé à les toucher, mais certains boulets ont atteint l’autre bateau, qui a répliqué, abîmant notre mat. In fine, Minzu et Mehr’Elin se sont battu le pont avec les tentacules, je suis descendu à la cale chercher une scie pour la passer à Ekna qui a pu les trancher avec. Nous avons fini par nous en sortir, mais il a fallu s’abriter dans une crique pendant une dizaine de jours pour réparer.

Les paysages sont rocailleux et enneigés. Je n’ai jamais vu ça. C’est froid, pas seulement en termes de température. Ca me laisse une impression de solitude profonde. Je ne sais pas si je fais bien de mener ma vie comme je la mène. Je n’ai pas envie de finir ici. Enfin … Ekna a pu réparer le bateau et nous partons pour Skarzastan demain. Là-bas, je trouverai quelqu’un pour vous porter cette lettre. Mais je ne veux pas vous inquiéter, votre Aldéia vous reviendra.

Embrassez ma sœur et mes frères.
Votre Aldéia.